Les producteurs de vin préférant l’utilisation des capsules en aluminium contrairement au traditionel bouchon de liège se font de plus en plus nombreux. Les raisons sont tantôt économiques, tantôt par soucis de qualité. Le coût d’une capsule en alumimium est environ la moitié de celui demandé pour le liège. Pour ce qui est de l’étanchéité des capsules, elles ont la cote puisque les producteurs ont le contrôle sur la quantité d’air qui passe. Aussi, il n’y a plus de danger de contamination dans le vin, phénomène fréquent avec le liège. Le bouchonnage, ou goût de bouchon, survient lorsque le goût du liège imprègne celui du vin. D’autres facteurs peuvent causer le goût de bouchon, mais le principal est l’utilisation du liège. En faisant le choix de la capsule, les producteurs s’assurent que 100% de leurs bouteilles seront bues. On estime que durant la vie d’une production, de l’ouverture de la première bouteille du lot à celle de la dernière disponible au monde, 10% des bouteilles seront perdues majoritairement par contamination. Le choix de la capsule par rapport au liège semblerait alors évident.
Personnellement, je suis prêt à accepter le risque de perdre une bouteille ici et là pour peut-être faire la découverte unique d’un vin qui aurait évolué dans la bouteille. Aussi, j’aime bien le rituel entourant l’ouverture d’un vin. Le retrait de la capote, l’insertion du limonadier (ouvre-bouteille pour toi ami québécois) et le retrait du bouchon qui est aussitôt suivi du “pop” annonçant aux papilles que le party s’en vient. Tandis qu’avec la capsule, tu dévisses pis c’est terminé. Je trouve que ça dénature, jusqu’à un certain point l’expérience du vin et pour profiter plus de la cérémoniale ouverture de bouteille, je prévilégie donc le bouchon de liège.
Voilà que la WWF (pour les gros lutteurs mouillés c’est rendu WWE en passant) ajoute un argument écologique au combat. Le liège est prélevé sur des arbres, mais principalement sur le chêne-liège. Le liège est un moyen de protection pour l’arbre contre les insectes, le froid et les intempéries tout en le laissant respirer. L’arbre peut respirer par les minces canaux du liège appelés lenticelles. La cueillette se fait sans couper d’arbres. L’arbre est rasé et l’écorce pousse à nouveau après. La WWF affirme que si les producteurs de vin, utilisateurs de 80% de la production mondiale de liège, abandonnent cette culture, plusieurs villages vivant de cette ressource disparaîtront. Ces villages sont dans de nombreux cas, sur la dernière ligne entre la végétation et la ville. À cause de leur attrait économique, ces forêts sont maintenues en vie grâce à l’effort des villageois. Avec la disparition de ces villages, ont pourrait voir les forêts devenir des déserts à cause de l’érosion. Et perdre des forêts, ça veut dire diminuer la capacité pulmonaire de notre planète ainsi que réduire la superficie habitable.
Cet argument à lui seul ne convaincra pas les producteurs sur leur choix de bouchons et je n’essaie pas non plus de te convaincre qu’un est meilleur que l’autre. Après tout, ce “combat” dure depuis plusieurs années. Mon opinion est claire, je préfère le liège pour l’expérience “cérémoniale” s’y rattachant et pour pouvoir jouer à la loterie du vin. Tant mieux si je peux améliorer mon karma écologique par la même occasion. Tu as évidemment aussi droit à ton opinion. J’espère juste que la prochaine fois que tu dévisseras, tu penseras au coût réel de ces capsules…
Publié Dimanche le 9 mars 2008 par Benoît
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